Évaluation et recherche

Les écrits au Canada et ailleurs suggèrent que le manque de preuves supportant l’efficacité du soutien par les pairs a gêné sa croissance ainsi que l’expansion de son utilisation. Lorsqu’une proposition non sollicitée a été soumise au Conseil d’administration de la Commission de la Santé Mentale du Canada (CSMC), une composante évaluation a été identifiée comme faisant partie intégrante du projet proposé de cinq ans. Ceci a été réaffirmé dans les grandes lignes du projet soumis à l’équipe de gestion de la CSMC en juin 2010 où on trouve l’énoncé suivant: “… on peu s’attendre à devoir développer des cadres de référence s’appuyant sur des preuves concrètes avant que les organismes soient prêts à s’investir dans des initiatives à base de pairs aidants tel que le soutien par les pairs et l’éducation dans le domaine de la santé mentale.”

Conforme à la valeur reconnue du principe d’appropriation du pouvoir, on a décidé que les pairs aidants joueraient un rôle primordial dans le façonnement de la stratégie d’évaluation du soutien par les pairs. Ils furent impliqués dans la conceptualisation et le choix des questions destinées à évaluer son efficacité. Il y eut également un exercice de consultation avec quelques cliniciens en santé mentale qui représentaient un groupe important de parties prenantes pour l’avancement du soutien par les pairs.

Le but ultime de l’évaluation est non seulement de mesurer l’efficacité du soutien par les pairs, mais aussi de mettre en valeur les connaissances et les stratégies menant au développement et à l’implantation de programmes de soutien par les pairs, et d’améliorer la fonction générale de soutien par les pairs partout au Canada.

Les consultations avec les pairs aidants qui eurent lieu à l’automne 2010 ont permis d’identifier des résultats clés pour évaluer l’efficacité du soutien par les pairs – chacun d’eux liés à un nombre considérable d’indicateurs. L’enquête globale qui fut ensuite envoyée à la communauté nationale des pairs aidants, demandait aux récipiendaires s’ils étaient d’accord avec les résultats et les indicateurs qui avaient été identifiés par leurs pairs. Pour chaque résultat et les indicateurs qui l’accompagnaient, les répondants ont indiqué s’ils étaient d’accord, partiellement d’accord ou en désaccord. On les a également invités à soumettre des commentaires écrits.

Le développement d’une base de preuves concrètes

L’emphase initiale sera sur des activités d’amélioration de la qualité dans les organismes qui ont accepté de mettre en oeuvre des programmes de soutien par les pairs basés sur les normes de pratique nationales. Afin de documenter le processus d’amélioration de la qualité, on mettra en oeuvre des sondages périodiques auprès des employés pour voir s’il y a eu des changements dans les organismes participants en ce qui concerne l’utilisation des services de santé mentale, la productivité au travail, et les attitudes envers les maladies mentales. De plus, le processus d’amélioration de la qualité impliquera l’examen des résultats de la personne cherchant un soutien pour la santé mentale ainsi que ceux du pair aidant, c’est-à-dire, le bien-être, l’appropriation du pouvoir, et l’engagement.

Vers une évaluation multi-annuelle

Une des responsabilités majeures d’ACSPC est de surveiller l’évaluation et la recherche relative à la récupération de la santé mentale grâce au soutien par les pairs. Dans le but d’opérer une évaluation multi-annuelle des programmes de soutien par les pairs qui sont mis en oeuvre basés sur les normes nationales de pratique, des instruments de collecte des données et des mesures de résultats sont en voie d’être mis au point commençant par les sites d’évaluation initiaux. Ces méthodologies s’amélioreront à mesure que d’autres organismes se joindront volontairement à cette étude. Ces premiers pas établissent la capacité de recherche et établissent les fondements nécessaires au développement de recherches à venir.

Les organismes qui acceptent de suivre le protocole des normes de pratique pour leurs programmes de soutien par les pairs sont invités à devenir un site d’évaluation.

Cueillette des données et confidentialité

Chaque organisme participant aura la responsabilité de supporter l’activité d’amélioration de la qualité de sorte que les données pourront être rassemblées d’une manière volontaire, opportune, et confidentielle conforme aux directives fournies par ACSPC. L’équipe d’évaluation aura la responsabilité d’analyser ces données.

Là où cela est pratique et faisable, la collecte des données pourra se faire par des moyens électroniques confidentiels. Les données reçues seront conservées d’une manière sûre et confidentielle par ACSPC.

Publication des résultats d’évaluation et confidentialité

ACSPC protègera l’intégrité de la confidentialité des programmes en gardant sous l’anonymat les résultats individuels.

Chaque organisme individuel recevra les résultats de ses programmes spécifiques d’amélioration de la qualité, et aussi les résultats collectifs anonymes de programmes semblables de soutien de la santé mentale par les pairs, à mesure qu’ils deviendront disponibles. Plus tard, les résultats cumulatifs d’une gamme de sites non-identifiés formeront la base de publications scientifiques.